quinta-feira, 29 de janeiro de 2015

Enfants de guerres : mémoires, témoignages et représentations

Colloque International

Enfants de guerres : mémoires, témoignages et représentations

Argumentaire

Le bassin méditerranéen a connu au cours du XXème siècle et en ce début du XXIème siècle un cycle permanent de violences, de guerres et de luttes. Marquée par des événements sanglants et de multiples conflits armés, 
cette mer des tempêtes, d’affrontements et de grandes tensions est devenue le théâtre des boucheries humaines. Force est de constater que dans la tragédie qui déchire cet espace pluriséculaire et au nom du patriotisme, 
hommes, femmes, enfants et vieillards contribuent à la résistance en prenant part à toutes sortes de confrontations armées. Qu’elles soient de conquête ou de libération, ces guerres laissent des
traces traumatisantes dans la mémoire individuelle et collective. Rappelons dès lors que ces crimes contre l’humanité ont de tout temps inspiré l’imaginaire littéraire ainsi que les autres formes artistiques en s’imposant comme
 sujet dominant et comme toile de fond dans certaines oeuvres. À cet égard, il serait intéressant de s’interroger sur le rôle de l’enfant et son engagement dans les guerres, son devenir et son expérience face
aux violences, aux événements traumatiques, à la perte de ses proches, à la misère et à la faim. Outre la représentation de l’enfant victime, la littérature présente d’autres images de l’enfant
exposé aux dangers et aux risques de la guerre. Vivant cette expérience au quotidien, il devient combattant et se mesure à l’adulte comme un héros ; le cas des enfants de novembre
ou les enfants de la Casbah dans la guerre d’Algérie (le jeune Mourad Bensafi dans « La Bataille d’Alger »). Toujours au nom de la patrie, d’autres enfants étaient mobilisés à l’effort
de guerre, notamment dans la guerre civile d’Espagne. Ils racontent dans leurs témoignages le deuil, le mépris, la famine et les affres de la sale guerre (« L’enfant pain » de Gomez Arcos,
1987).
Au-delà de la Grande Guerre, des guerres civiles de l’Espagne républicaine et celles de d’Italie fasciste, ainsi que la guerre d’Algérie de la période coloniale, ces dernières décennies,
la Méditerranée orientale ou le Machrek (la Palestine, le Liban, la Syrie, l’Egypte…etc), traverse des événements bouleversants et ses peuples subissent les massacres et les deuils
provoqués par ces guerres. Dans cette perspective, il importe de réfléchir sur le sort du petit « Fidâ’î » dans la lutte pour la cause palestinienne (« Rêver la Palestine » de Randa Ghazi),
en l’occurrence les enfants de Gaza qui assistent ces dernières années à toutes sortes d’événements tragiques. Sans oublier pour autant l’enfant syrien déchiré et perdu au milieu
des bombardements tel qu’il est décrit dans les témoignages de la romancière/journaliste syrienne Samar Yazbek. Plusieurs questions émergent de cette thématique mettant en scène
l’univers cauchemardesque des enfants en temps de guerre : que représentent les visions et les souvenirs douloureux de la fillette racontant sa ville sous les bombes dans « [Beyrouth],
Catharsis » et « Je me souviens » de Zeina Abirached ? Et qu’en est-il de l’enfance bouleversée et ponctuée par les attentats, la perte et l’exil dans « Le visage retrouvé » de
Wajdi Mouawad ? Comment l’écriture pourra-t-elle rendre compte d’une tragédie interminable et d’une barbarie humaine que subit l’enfant et dont la blessure reste béante ?
Ce colloque se propose de mettre en exergue les enfants ayant été impliqués dans les guerres et les conflits armés dans l’espace méditerranéen. L’objectif principal est d’interroger leurs
mémoires et leurs témoignages en période de guerre à travers les récits, le journal intime, la peinture, le dessin, la BD, le film, le documentaire. Nous voudrions centrer notre réflexion sur
les configurations imaginaires et les procédés mis en oeuvre par les écrivains, les documentalistes, les cinéastes et les artistes pour suggérer ou représenter les faits et les
horreurs que ces enfants ont pu vivre.

Les interventions du colloque pourront s’articuler autour des axes suivants (la liste n’est pas exhaustive) :
- Ecritures et fictions sur les enfants (victimes/acteurs) de la guerre dans l’espace méditerranéen.
- Mémoires et témoignages : les récits et les discours testimoniaux d’enfants sur la guerre et les conflits armés.
- Les représentations de la guerre et ses répercussions sur les enfants dans le discours médiatique et le discours scolaire (le manuel scolaire).
- Les enfants de guerres dans les représentations artistiques (cinéma, peinture, photographie, dessin)

Voir la suite en PJ.

Modalités de participation :
- Langues du colloque : Français, Arabe. (possible en anglais et en espagnol)
Les propositions de communication (environ 300 mots ou 1 500 signes) comportant un titre et
un résumé, quelques mots clés et une courte notice biobibliographique devront être adressées
avant le 30 mars 2015 aux adresses électroniques suivantes :
laboratoiredeslangues@gmail.com ; colloqueguerre@gmail.com
Les propositions seront examinées par le comité scientifique du colloque. Les participants
préciseront l’axe dans lequel ils inscrivent leur projet de communication. Le programme
définitif sera arrêté le 30 septembre 2015. À l’issue du colloque, le comité scientifique
sélectionnera les communications qui feront l’objet d’une publication.

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